Les conditions de production
Caractéristiques physiologiques
La croissance du chanvre se déroule en cinq phases : 1. le semis : - pour obtenir une germination optimale, il faut faire en sorte que les semences du chanvre entrent intimement en contact (...)La croissance du chanvre se déroule en cinq phases :1. le semis :
- pour obtenir une
germination optimale, il faut faire en sorte que les semences du
chanvre entrent intimement en contact avec le sol. Le lit de semence
doit être ferme, nivelé et relativement fin, comme celui que l’on
prépare pour les espèces fourragères semées en place.
- le chanvre industriel
est une plante sensible à la photopériode, c’est-à-dire à la longueur
du jour; il est donc capable d’un plus grand développement végétatif
quand il est semé tôt. La croissance végétative ralentit ensuite au
profit du développement des fleurs lorsque les jours raccourcissent,
soit 4–5 semaines après le solstice d’été (21 juin). En semant dès que
possible au printemps, on profite donc des journées longues et on
obtient des plants plus hauts ayant un meilleur rendement en fibre. La
précocité du semis n’a que peu de répercussions sur la date de récolte.
2. la levée et l'implantation (3 semaines) :
- la levée est obtenue à environ 100°Cj après le semis, soit 4 à 9 jours selon les conditions du sol. Cette durée augmente si la pluviométrie est plus importante. C'est la phase la plus délicate de la culture, au cours de laquelle il est possible d'avoir des pertes de plantes non levée par excès d'eau.
- la perte de densité entre le semis et la levée est d'environ 10 %. Cette perte augmente avec la densité.
- l'implantation proprement dite, de 4-9 jours à la 3ème semaine, présente une phase de croissance lente. A l'issue de celle-ci, la culture fait environ 25 à 30 cm et comporte 3 paires de feuilles
- ces deux stades sont essentiels pour la culture. En effet, la graine de chanvre est une petite graine oléagineuse, relativement fragile, qui est très sensible aux accidents de structure et aux tassements. L'implantation conditionne la réussite de la culture, notamment son alimentation minérale et hydrique durant la période estivale.
3. croissance active :
- période comprise entre la fin de l'implantation et le début de la floraison. Le début de la floraison se déclenche lorsque la somme de température atteint environ 800 à 900°Cj. Ce stade est fonction de la photopériode.
- c'est durant cette phase que va s'élaborer les rendements en pailles et en fibres de la culture et donc que les besoins sont les plus importants. Durant cette période, la sensibilité à la verse est maximale. Il faut éviter les excès de fertilisation azotée, qui provoquent une croissance anarchique des plantes, entraînent une compétition accrue entre les plantes (au détriment de la densité effective de la culture), et risquent de provoquer la verse. Il est préférable en effet de maintenir un nombre important de plantes, ce qui maintiendra la culture à une hauteur acceptable pour la récolte, favorisera le rendement fibre, sans pénaliser le rendement paille.
- l'évolution des rendements pailles, fibres et graines est exclusivement une fonction linéaire de la somme de température. Le taux de fibres suit la mise en place du rendement paille.
4. ralentissement de croissance en début de floraison :
- l'apparition des premières fleurs est conditionnée à la fois par la somme de température reçue depuis la levée et par la réaction photopériodique de la variété.
- en culture non battue, cette étape n'a pas d'incidence importante. Par contre, pour une culture battue, cette étape est cruciale et détermine en partie le rendement en chènevis. En effet, c'est durant cette phase de floraison que s'élabore le nombre de graines, et il est important d'éviter tout stress hydrique.
5. arrêt de la croissance au stade pleine floraison :
- défini par la fécondation des dernières fleurs femelles.
- une variété donnée cultivée dans une zone donnée atteindra le stade pleine floraison à date fixe quelle que soit la date de semis. Ce qui implique que la durée de floraison est plus ou moins longue selon la date de semis ce qui entraîne une hétérogénéité importante à la récolte, préjudiciable à la qualité des graines.
- le potentiel de rendements paille d’une culture de chanvre, en absence de facteurs limitants, peut se déterminer par une formule simple
- la fin floraison marque la fin de la croissance de la culture, détermine le rendement paille, et induit les phases de maturation des pailles et des graines. La maturité des graines est obtenue environ 40 jours après la pleine floraison.
- la maturité des graines est obtenue 40 jours après pleine floraison
- le poids sec de graines croît régulièrement à partir du stade pleine floraison jusqu'à la maturité des graines. La fertilisation azotée est un facteur jouant sur le rendement.
Intérêt agronomique
Le chanvre présente plusieurs avantages agronomiques, à savoir : 1. excellente tête d'assolement, au même titre que la betterave ou la pomme de terre, le chanvre est un (...)Le chanvre présente plusieurs avantages agronomiques, à savoir :
1. excellente tête d'assolement, au même titre que la betterave ou la pomme de terre, le chanvre est un précédent idéal pour les céréales d'hiver car il libère le sol tôt dans l'arrière saison ;
2. plante améliorante de la structure du sol grâce à un système racinaire pivotant et qui laisse sur place, après récolte, une masse de matière organique non négligeable ;
3. plante qui exploite tout le profil azoté du sol jusqu'à 1m50 et ne laisse, après récolte, des reliquats azotés que dans les 30 premiers centimètres ;
4. plante nettoyante et étouffante, elle laisse le sol propre sans utilisation de désherbants ;
5. grande facilité d'adaptation dans des terres de qualité moyenne et sous des climats variés car son cycle végétatif lui permet une implantation tardive au printemps et une récolte intercalée entre la moisson des céréales et la récolte du maïs ;
6. plante qui peut revenir deux fois consécutivement sur le même sol ;
7. parasitisme et maladie pratiquement inexistants, ce qui permet de rompre le cycle des traitements ;
8. plante très économe en moyens de production.
Évaluation du coût de production du chanvre
Les coûts de production varient selon les circonstances particulières. La superficie de la culture, le niveau du rendement, le seuil d'amortissement et le coût du matériel utilisé, le (...)Les coûts de production varient selon les circonstances particulières. La superficie de la culture, le niveau du rendement, le seuil d'amortissement et le coût du matériel utilisé, le coût de la terre et les autres utilisations possibles de celle-ci sont autant de facteurs qui contribuent au coût de production d'une tonne de paille ou de graine de chanvre.
Les charges à prendre en compte sont donc les suivantes:
- coût des semences /ha : cette donnée est très variable car selon le choix, la densité de semis peut varier de 30 à 70 kg/ha, le coût des semences étant d'environ 3,1 €/kg ;
- coût de la fertilisation/ha : le type de sol et surtout ses teneurs en azote, phosphate, calcium, etc. peuvent faire varier substantiellement la facture ;
- coût de la protection végétale/ha ;
- coûts variables d'équipement : il s'agit principalement des coûts de location matériel et il est fonction du type de récolte envisagé ;
- coûts fixes d'équipement : il s'agit ducoût d'usage des machines et matériels qui ont d'autres emplois que la culture du chanvre (ex: tracteur, charrue, etc.). Ce matériel est pris en compte pour le nombre d'heures utilisées sur le chanvre. Ce coût horaire comprend les amortissements et les frais de fonctionnement ; - coût divers : frais assurance, frais financiers et coût énergie.
Le bilan environnemental
Le chanvre présente un intérêt certain par sa contribution à la préservation de l'environnement, tout particulièrement en ce qui concerne l'effet de serre. En effet, le chanvre (...)Le chanvre présente un intérêt certain par sa contribution à la préservation de l'environnement, tout particulièrement en ce qui concerne l'effet de serre. En effet, le chanvre contient environ 45 % de carbone pris dans l'atmosphère par le mécanisme de la photosynthèse.
Considérant que doivent être pris en compte, pour le calcul de stockage de carbone, les quantités qui peuvent avoir une durée de vie dépassant la durée de cycle annuel, seule la paille destinée à durer au travers des produits est retenue. En conséquence, la paille de chanvre produite sur 1 hectare stocke environ 3,06 tonnes de carbone.
Le tableau suivant compare différentes cultures du point de vue du bilan environnemental.